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Jeudi 11 Mars 2010
Les praticiens de santé publique ont réussi, hier, à se faire entendre. Leur rassemblement a été toléré à quelques mètres de la Présidence. Après quelques altercations avec les forces de l’ordre, les deux présidents des syndicats SNPSP et SNPSSP ont été reçus par le chargé des affaires sociales de la Présidence. Les deux syndicats interpellent le président de la République à l’effet d’intervenir pour débloquer la situation. Après avoir enfin trouvé un interlocuteur, leurs doléances pourront-elles être satisfaites ?
Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Les praticiens généralistes et spécialistes de santé publique ont réussi, hier, à imposer leur rassemblement. En plus des conditions météorologiques clémentes, les forces de l’ordre présentes en grand nombre ont visiblement reçu des instructions pour privilégier la carte du dialogue à celle de la matraque. Prévu initialement devant la présidence de la République, le rassemblement des blouses blanches a finalement été toléré à quelques mètres du palais d’El-Mouradia. Les praticiens, qui commençaient à arriver vers 10h30 à leur lieu de rendez- vous, ont été vite orientés par les services de sécurité vers la rue Ali- Hadad, à proximité de la ruelle qui mène vers le palais de la Présidence. Après leur avoir permis de se rassembler pendant près d’une heure dans cette ruelle, les casques bleus ont été appelés à intervenir. A l’arrivée des renforts, les services de sécurité qui, jusque-là, avaient gardé leur calme, ont vite changé de stratégie. Les négociations auxquelles ils avaient opté au début ont donc laissé place à la force. Les services de sécurité ont décidé de faire évacuer les lieux. Refoulés et malmenés, les praticiens devaient, selon les forces de l’ordre, quitter les lieux. Les protestataires ont alors commencé à les huer. Applaudissements, sifflets et cris ont été lancés par la foule, sur fond de slogans. «Nous sommes des praticiens, pas des terroristes !», «One, two, three, où va l’Algérie ?» «Barkat, barakat !», criaient-ils, entre autres.
L’on pouvait également lire sur les nombreuses pancartes brandies «Monsieur le Président, après avoir reçu Zizou, les praticiens ont également besoin d’être reçus. Etes-vous disponible ?» Après presque une demi-heure d’altercations entre les forces anti-émeutes et les praticiens, le calme revient. Repoussés plus bas et encadrés, les protestataires ne se dispersent toujours pas. S’entêtant et ne voulant pas bouger, les deux présidents des syndicats SNPSP et SNPSSP ont été finalement appelés à pénétrer à l’intérieur de la Présidence. «Une victoire», selon ces derniers, qui ont été autorisés pour la première fois à entrer au niveau de cette institution. Les praticiens ont-ils trouvé une oreille attentive ? Après une attente de près d’un quart d’heure, les docteurs Youcefi et Merabet font leur apparition. L’on apprend qu’ils ont été reçus par le chargé des affaires sociales au niveau de la Présidence. Ce dernier leur avait promis «une sortie rapide de crise». Pour les praticiens, «la balle est dans le camp des pouvoirs publics s’ils veulent débloquer la situation». Et de souligner qu’à travers leur plateforme de revendications socioprofessionnelles, ils défendent l’intérêt du malade et de la santé publique. Les praticiens, qui se sont séparés en chantant l’hymne national, promettent de revenir, autant de fois que cela sera nécessaire, à la protestation dans la rue. En attendant, les praticiens entament leur troisième mois de grève et ne comptent pas s’arrêter tant qu’il n’y aura rien de concret.
S. A.
Source: Le Soir d'Algérie
DZactu: Algérie- Actualité algérienne
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