Attaque kamikaze suivie d'un accrochage contre un poste de gendarmerie à Ammal
Sept gendarmes et deux civils auraient été tués et cinq terroristes éliminés
Samedi 12 Juin 2010
Les terroristes d’Al-Qaïda au Maghreb ont lancé, dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, une attaque massive contre le poste de gendarmerie implanté à l’entrée ouest des gorges de Lakhdaria, dans la commune d’Ammal, circonscription dépendant de la wilaya de Boumerdès.
L’attaque s’est déroulée au lieudit Timizar, à hauteur de la carrière d’agrégats appartenant à la société nationale Meditram, aux abords de la RN 5 reliant Alger et Constantine. Selon des informations recueillies auprès de citoyens de cette petite agglomération, il était 22 heures passées lorsqu’une énorme déflagration a été entendue à plusieurs kilomètres à la ronde. Un kamikaze conduisant une camionnette de marque Toyota venait de se faire exploser contre les obstacles en béton protégeant l’unité de la Gendarmerie nationale. Au vu des dégâts, qui n’ont affecté que le mur d’enceinte de ce campement, il est évident que le véhicule du kamikaze n’a, fort heureusement, pas pu franchir les différents obstacles de protection. Dans le cas contraire, les pertes humaines et les dégâts matériels auraient été énormes. Après l’explosion, les terroristes, nombreux au vu des échanges de tirs, étaient embusqués au niveau de la carrière située en amont du campement des gendarmes et en d’autres endroits. De là, ils ont ciblé le campement des gendarmes. Au regard du dispositif mis en place par les assaillants, il est clair que ces derniers voulaient prendre d’assaut cette brigade rattachée à l’escadron déployé le long de la RN 5 entre Boudouaou et la limite Est de la wilaya de Boumerdès. L’objectif était d’exterminer tous les éléments de cette unité et de s’accaparer les armes et les munitions. Selon le témoignage d’un habitant de Timizar, les terroristes avaient mis en travers de la route, à l’entrée ouest de l’agglomération, un semi-remorque chargé de bouteilles d’eau minérale. Ils voulaient visiblement empêcher l’intervention des militaires basés à l’ancien hôtel El-Kalaâ, à environ 4 kilomètres à l’ouest du lieu de l’attaque. «Par rapport aux objectifs des terroristes, à savoir la maîtrise totale de l’unité de la gendarmerie, et compte tenu des pertes qu’ils ont subies, cette attaque a été échec, et ce grâce à notre intervention rapide », dira un officier supérieur qui a, cependant, refusé de nous communiquer le bilan des pertes des deux côtés.
A l’énoncé de notre propre bilan recueilli sur place, faisant notamment état de 2 gendarmes et 2 civils tués dont un de type asiatique, probablement un Chinois, qui circulait à bord d’un véhicule et qui a été atteint par l’explosion du camion piégé, ainsi que de 5 terroristes abattus, le gradé de l’ANP s’est contenté de nous dire : «Vous n’êtes pas loin de la réalité.» Un autre officier de gendarmerie a catégoriquement démenti la mort de gendarmes. Or, dans l’après-midi, une autre source sécuritaire parlait de 7 militaires et 2 civils tués. Quant au nombre de blessés, il avoisinerait, selon nos informations, la vingtaine, entre habitants de Timizar et automobilistes, qui ont été soignés à l’hôpital de Thénia. S’agissant des dégâts matériels, il ne sont pas plus importants que ceux enregistrés habituellement dans des attentats similaires. Une partie du mur et le portail de l’unité de la gendarmerie ont été détruits. Quelques vieilles bâtisses appartenant à une société ont été également endommagées. Deux petits commerces, la mosquée de la localité et des véhicules en stationnement ou de passage ont également subi des dommages. Mais ce qui est certain, c’est que la tentative d’assaut des terroristes a échoué. Ces derniers ont laissé sur place, au minimum, 4 de leurs complices. C’est ce qu’a déclaré un citoyen qui assure avoir vu les militaires ramener 4 cadavres. A noter que les services de sécurité n’ont pas facilité le travail aux journalistes. Toute personne exhibant son portable était, en effet, immédiatement cernée. Un confrère a, d’ailleurs, été interpellé pour ce motif. «Les photos prises peuvent être récupérées par les terroristes pour alimenter leur site web à des fins de propagande », arguera un officier de la BMPJ présent sur les lieux.
Ali F.
Source: Le Soir d'Algérie
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